in

« Primate, c’est un peu le Meatloaf du film d’horreur »

« Primate, c’est un peu le Meatloaf du film d’horreur »

Le film captivant d’horreur simiesque plonge dans un univers dense de clins d’œil aux années 80. Entretien passionnément geek avec le réalisateur Johannes Roberts.

Sorti dans les salles françaises le 21 janvier, Primate enferme, dans une somptueuse demeure hawaïenne, une bande de jeunes vacanciers entourée par le chimpanzé domestique du propriétaire, nommé Ben, devenu fou après avoir été mordu par une mangouste enragée. Voilà le décor planté.

Effectivement, sous nos yeux, se déroule le prototype, sinon parfait, du moins divertissant, de la série B option slasher avec ses effets gore bien poilus. Bien qu’il ne soit pas entièrement abouti – avec sa bande d’adolescents affublés d’un QI de bonobo et son scénario truffé de ficelles épaisses comme des lianes – le film de Johannes Roberts gagne néanmoins notre sympathie grâce à deux atouts essentiels : son efficacité et son honnêteté.

Déjà réalisateur du thriller aux requins blancs menaçants 47 mètres plus bas, le Britannique Johannes Roberts, âgé de 49 ans, a du métier (Primate est son 16ème long métrage), des passions saines (John Carpenter, Stephen King, les années 70/80… que demander de plus ?) et un noble objectif : divertir les foules en quête de frissons, de suspense et de chair de chimpanzé enragée, seau de popcorn en main.

À la hauteur de ces modestes attentes, on ressort de Primate avec le sourire. Le film tire d’ailleurs son épingle du jeu au box-office américain, tout comme en France où, en une semaine, en incluant ses avant-premières, il a déjà attiré près de 136 000 spectateurs sur 306 écrans (source : Comscore France) : un excellent résultat pour une production interdite aux moins de 16 ans et pour le studio Paramount, en attendant la sortie de son gros morceau Cri 7 le 25 février prochain.

A lire également  Contre toute attente, Netflix confirme la suite de "Geek Girl"

Pour toutes ces raisons, et aussi par plaisir, Le Point s’est entretenu avec Johannes Roberts qui, astucieux comme un singe, n’en est pas moins sincère et enthousiaste dès qu’il s’agit d’évoquer l’ADN des années 80 et les outrances opératiques de ce Primate sous influences.

Le Point : Avec ses humains piégés dans un lieu clos par un animal enragé ultra dangereux, Primate est systématiquement comparé à Cujo de Stephen King et à l’adaptation qu’en a faite Lewis Teague en 1983. Assumez-vous l’inspiration ?

Johannes Roberts : À 100 % ! Primate est ma lettre d’amour à Cujo et c’est précisément le film de Lewis Teague qui m’a donné envie de devenir réalisateur, même si, cinématographiquement, Primate est tout autant ma lettre d’amour à John Carpenter. Je n’ai cessé de penser à Halloween et Christine pendant la genèse de mon film, et c’est vraiment, en plus de Cujo avec ces deux-là en tête que j’ai construit mes cadres et la narration.

Par rapport à mes précédents films, j’ai essayé de mettre davantage en avant la présence de la caméra : ses mouvements sont plus ostentatoires. C’est justifié par le sujet et par l’idée d’entrer dans l’esprit du singe Ben. Allez, disons en toute modestie que Primate c’est un peu Cujo réalisé par John Carpenter (rires).

La musique de Primate est aussi totalement carpenterienne. Avez-vous donné spécifiquement ces indications à votre compositeur Adrian Johnston ?

La musique est vraiment, VRAIMENT importante à mes yeux. Je suis un réalisateur très impliqué et concentré sur la direction de la partition dans chacun de mes films. J’ai travaillé avec Adrian sur Des étrangers qui était un autre film très carpenterien dans l’esprit et j’adore le style d’Adrian, qui va souvent bien au-delà des idées que je lui propose.

A lire également  Chien 51 plus fort que Bac Nord ? Quel démarrage au box-office France pour le film de science-fiction avec Adèle Exarchopoulos et Gilles Lellouche ? - Actus Ciné

Exceptionnellement avec Primate j’avais en tête à l’avance une partition au synthétiseur à la Carpenter, en particulier son travail sur Christine. J’ai aussi beaucoup écouté d’autres groupes de synthé comme le génial Miami Nights 1984. Adrian a pris ces idées et les a amenées plus loin. J’adore ce motif qu’il a créé, avec cette magnifique mélodie de piano désaccordé qu’il superpose par-dessus une nappe qu’il martèle. On pense aussi un peu à Simetierre et ce qu’a fait Adrian emmène toute la B.O à un autre niveau. J’aime me dire qu’on peut aussi écouter Primate sans le regarder.

Je ne peux m’empêcher de vous poser cette pure question de geek : votre Top 3 des meilleures bandes originales de Carpenter ?

Christine est ma préférée, à 100%. Mais en fait, ex-aequo, je dirais Assaut. J’ADORE Assaut. J’habite à 20 minutes du commissariat désaffecté à L.A où fut tourné le film… Il m’arrive de passer devant parfois en voiture et de passer à fond le thème du générique de Assaut. C’est mon film préféré de Carpenter, en fait.

J’adore tellement cette