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Lord & Miller réinventent la SF avec Ryan Gosling

Lord & Miller réinventent la SF avec Ryan Gosling

Chris Miller et Phil Lord, ces deux noms résonnent sans cesse dans le domaine cinématographique depuis qu’ils ont atteint la gloire avec des comédies telles que La Grande Aventure LEGO, 21 et 22 Jump Street, ainsi que des séries comme The Last Man on Earth. Ils ont surtout marqué les esprits avec leur contribution au scénario de l’une des plus grandes révolutions du cinéma d’animation et des films de super-héros du 21ᵉ siècle : la trilogie Spider-Verse.

Le chef-d’œuvre de Ryan Gosling ?

Depuis ce succès, on a l’impression qu’ils sont omniprésents. Ce n’est pas tant qu’ils multiplient les projets, leur cinquième film, Projet Dernière Chance, étant leur cinquième réalisation en 17 ans. Mais leur nom est souvent associé à divers développements, dont un film Star Wars. Ils étaient censés réaliser Solo : A Star Wars Story avant d’être remplacés par Ron Howard en raison d’un désaccord sur le ton du film.

Quel plaisir de les voir à nouveau aux commandes d’un film de science-fiction qui maîtrise si bien les variations de ton, oscillant entre émotion et pure comédie, bien que le récit doive une grande partie de sa réussite au scénario de Drew Goddard (la série Daredevil) et au romancier Andy Weir (auteur de Seul sur Mars).

Un film de SF gratifiant ?!

Les créateurs de Tempête de Boulettes Géantes nous offrent cette fois-ci une tornade d’émotions où rires et larmes s’entremêlent harmonieusement. « Avec Projet Dernière Chance, nous voulions que le spectateur traverse toute la gamme des émotions humaines, offrant une expérience totale à quiconque visionne le film. »

« Nous ne sommes pas enclins à nous cantonner à un genre précis. Nos drames favoris nous font souvent rire, et nos comédies préférées contiennent des moments qui nous touchent profondément. Quand nous écrivons ou réalisons une histoire, nous souhaitons que le public s’immerge et ressente un éventail d’émotions variées. »

Ce parti pris s’exprime notamment par la rupture avec certains codes traditionnels du genre, qui exploitent souvent le drame de la petitesse humaine face à l’immensité spatiale. Un cadre glacial et hostile, peuplé de personnages solitaires, comme perdus dans un « trou noir punitif ». Projet Dernière Chance renverse cette perspective en présentant un homme isolé sur Terre qui découvre une forme de foyer dans l’espace, un compagnon.

L’espace, un lieu de révélation et d’introspection ? Pourquoi pas, puisque « lever les yeux vers le ciel, c’est toujours aspirer à une forme d’accomplissement, de grandeur, comme pour se motiver à réaliser quelque chose » (d’où plusieurs expressions consacrées). Projet Dernière Chance ne raconte donc pas seulement une aventure spatiale, mais l’histoire d’un homme qui s’élève vers les cieux.

« Cela nous permet de générer de l’espoir. Nous n’avons pas besoin de nous rappeler à quel point le monde est difficile. Au contraire, il est bon de se rappeler de nos capacités, que nous pouvons trouver des solutions et que l’avenir ne se résume pas à la peur, mais que nous pouvons le façonner. »

Toi, moi, et tous les autres

Un autre renversement dans ce film de science-fiction réside dans son format de buddy movie. Un film de genre tend à isoler ses personnages, ce qui aurait pu rendre Projet Dernière Chance semblable à Seul sur Mars du même auteur. Ici, l’œuvre insiste sur notre nature sociale, collective. « C’est ce qui nous a séduits dans le livre de Andy Weir, c’est la façon dont il aborde la résolution de problèmes ensemble. » « Nous voulions créer un espoir, celui de voir que si nous pouvions faire preuve d’empathie et communiquer, nous pourrions surmonter toutes les épreuves. »

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La cohésion d’équipe est au cœur du projet, traversée par un thème récurrent dans le cinéma de Miller et Lord : la construction de l’anti-héros. Emmett (La Grande Aventure LEGO), Phil (The Last Man on Earth), Schmidt (21 Jump Street)… les héros parfaits ne font pas partie de leur répertoire, trop éloignés de la réalité et des spectateurs auxquels ils s’adressent. Pas étonnant que le roman de Weir les ait captivés.

« Je ne me considère pas comme quelqu’un de particulièrement confiant, capable d’entrer et de sortir d’un bâtiment en flammes sans crainte. Comme beaucoup, j’ai des doutes et des angoisses. Je pense que la plupart des gens aiment s’identifier à un personnage imparfait, qui leur ressemble. » (Chris Miller).

Le protagoniste Grace n’est ni Sigourney Weaver dans Alien, ni Bruce Willis dans Armageddon, ni même Cillian Murphy dans Sunshine. C’est un personnage avec des vulnérabilités, mais qui incarne la véritable force : « Ce n’est pas l’absence de peur, mais le courage d’agir malgré elle. » C’est cette philosophie qui a convaincu le duo et Ryan Gosling de s’engager dans cette aventure.

Un défi scénaristique et cinématographique qui rend Projet Dernière Chance unique dans le paysage cinématographique actuel. Pour y parvenir, Miller et Lord