Trois ingénieurs qui travaillaient chez Google ont été accusés aux États-Unis d'avoir volé des secrets commerciaux liés à la technologie des processeurs de téléphones portables, en particulier Tensors. L'acte d'accusation fédéral indique que les informations volées font référence aux conceptions et aux mécanismes de sécurité utilisés dans les puces des téléphones Pixel, mais cela ne s'arrête pas là, car tout est en réalité beaucoup plus grave.
L’affaire ne concerne pas seulement le téléchargement d’un fichier. Il s’agit d’un prétendu complot dans lequel des documents sensibles ont été transférés, des preuves ont été cachées et des canaux non autorisés ont été utilisés. Et bien sûr, cela a des implications importantes pour l’industrie et pour Google.
Encore un cas de complot contre une entreprise américaine par son personnel : des ingénieurs ont pu voler des secrets à Google Tensor
Selon l'acte d'accusation du ministère de la Justice des États-Unis, trois personnes résidant à San José et de nationalité iranienne ont accédé et extrait des documents confidentiels alors qu'elles travaillaient dans l'industrie technologique. Deux d'entre eux ont travaillé chez Google dans des domaines liés au matériel, notamment au développement de processeurs. La troisième personne a également de l'expérience dans le secteur, même si aucune autre information n'a été révélée.
La documentation volée comprend des détails techniques sur l'architecture du processeur, les systèmes de sécurité et les éléments cryptographiques liés aux SoC Tensor utilisés dans les téléphones Pixel. Il ne s’agit pas d’informations commerciales génériques, mais plutôt d’une documentation technique sensible qui peut révéler comment les puces Big G modernes sont conçues et protégées au milieu de la lutte pour les SoC Arm.
L'accusation (Google) indique que les personnes impliquées ont copié des fichiers sur des appareils personnels, des comptes externes et des systèmes non autorisés. Dans certains cas, pour éviter une détection automatique par les systèmes de sécurité internes, des photographies d'écrans contenant des informations sensibles ont été prises au lieu de transférer directement des documents numériques. De plus, les dossiers ont été effacés et de faux affidavits ont été signés pour dissimuler l'activité.
Des peines allant jusqu'à 10 ans de prison pour chacun d'entre eux
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Le grand jury fédéral a renvoyé 14 chefs d'accusation, dont complot en vue de voler des secrets commerciaux, tentative de vol et destruction de preuves. Chacun de ces crimes peut entraîner des peines allant jusqu'à 10 ans de prison, en plus de sanctions financières importantes en cas de condamnation.
Cette affaire met en évidence l'importance de la protection de la propriété intellectuelle dans l'industrie technologique d'aujourd'hui. Les SoC qui composent les Pixel ne sont pas de simples composants interchangeables. Ils intègrent des optimisations spécifiques pour l’Intelligence Artificielle, la sécurité et l’efficacité énergétique. En effet, son architecture et ses mécanismes de protection s'inscrivent dans le noyau concurrentiel de l'entreprise, en intégrant, entre autres, les Titans comme puces attachées.
Pour Google, cette procédure judiciaire ne recherche pas seulement des responsabilités pénales, mais envoie également un message clair au secteur : la protection de la propriété intellectuelle est une priorité. Dans un environnement où le développement de puces avancées nécessite des années d’investissement et des milliards en recherche et développement, toute fuite peut avoir des conséquences industrielles importantes.
Nous verrons comment évolue la procédure judiciaire, mais le contexte est évident. Et dans ce scénario, la protection des connaissances internes est aussi critique que la conception du SoC lui-même. Malheureusement, ce ne sera pas le seul cas isolé, car ce fut d'abord le tour d'Apple, puis d'ASML et maintenant de Google…
