Publié le 4 novembre 2025 à 18h28
Il y a douze ans, Kévin Blanc était encore un jeune homme ordinaire. Réservé, casanier, il faisait partie de ceux qui savourent les instants de solitude dans leur chambre à Taillis (Ille-et-Vilaine). « J’étais ce qu’on pourrait appeler un passionné. Je passais énormément de temps sur Call of Duty, c’était la belle époque. Je pouvais y jouer six heures par jour. J’y ai rencontré des camarades que je n’ai jamais vus en personne. Je me sentais bien dans cette routine, dans ma bulle, sans personne pour me juger », se remémore-t-il à l’âge de 29 ans.
À l’époque, le jeune Kévin ne pesait que 65 kg pour 1,83 m. Il était heureux, mais comme beaucoup de garçons de son âge, il n’était pas complètement à l’aise avec son apparence.
Il aspirait à rejoindre les forces armées
Ce fut également une période d’incertitude quant à son avenir. À peine avait-il terminé sa formation de couvreur qu’il envisageait déjà de s’engager dans l’infanterie.
Sur les recommandations de sa sœur, en préparation aux examens physiques de l’armée, il franchit pour la première fois les portes d’une salle de musculation. C’était à l’Orange bleue de Vitré.
« J’ai découvert un tout nouvel univers qui a bouleversé ma vie. J’ai rapidement pris goût à cet environnement, et je n’y allais plus simplement pour me préparer. J’y allais parce que cela me faisait du bien. J’avais trouvé ma voie », raconte-t-il.
Douze ans et 35 kilos de muscles plus tard, Kévin Blanc mesure toujours 1,83 m, mais son poids de forme est maintenant proche de 100 kg.
Double lauréat d’une compétition près de Saint-Malo
Le Taillisien n’est pas « un colosse ». Les compétitions de force athlétique ou d’haltérophilie ne l’attirent guère.
Il y a dix ans, il participa à sa première compétition de musculation ou culturisme, terme préféré en français pour éviter toute connotation négative.
J’ai toujours vu la musculation sous son angle artistique. Je considère mon corps comme une toile que j’enrichis au fil des ans, et non comme une simple machine de levage. Mon objectif est d’observer mon corps et d’identifier les axes d’amélioration. Il pourra évoluer toute ma vie, comme une œuvre inachevée.
Kévin Blanc, champion de bodybuilding
En 2021 et 2025, Kévin Blanc a remporté l’Open des Corsaires, une compétition prestigieuse près de Saint-Malo rassemblant des culturistes de toute la France. Il a triomphé dans la catégorie Men’s physique -30 ans, puis en Physique Classique -30 ans quatre ans après.
« Le culturisme vise à atteindre l’équilibre parfait sur scène, c’est-à-dire posséder une belle masse musculaire, un juste équilibre entre le haut et le bas du corps, et le moins de graisse possible. C’est sur ces critères que nous sommes évalués », explique-t-il.
La catégorie difficile de Classic Physique lui imposait de ne pas dépasser « le poids de sa taille », soit 83 kg pour un individu de 1,83 m.
Quand le corps entre en mode survie
En un peu plus de six mois, Kévin Blanc est passé de 98 à 80 kg, après une perte de poids de 18 kg. Alors que la masse graisseuse d’un homme en bonne santé de moins de 30 ans avoisine les 20-25 %, il était descendu à 3 %.
C’est le résultat d’un régime alimentaire extrêmement précis, avec un déficit de plusieurs centaines de calories par jour, des portions réduites et une vingtaine d’heures de sport chaque semaine.
C’est le côté obscur du bodybuilding ainsi que des sports de combat classés par poids que Kévin Blanc n’hésite pas à dévoiler : « Vers la fin, on est en hypoglycémie presque toute la journée. On s’entraîne avec peu de réserves d’énergie, car le corps a tout consommé. Il n’est pas en bonne santé, il passe en mode survie. Mais on en arrive là pour monter sur scène dans un état de sécheresse maximale. »
Attention aux troubles alimentaires
C’est pour cette raison que le Taillisien n’a participé qu’à quatre compétitions depuis 2015, et que certains de ses concurrents souffrent de troubles du comportement alimentaire (TCA).
Il souligne qu’il entretient une relation saine avec la nourriture : « Tout ce que je consommais pendant ma période de perte de poids me faisait plaisir, simplement en quantités réduites. Quand ce n’est pas le cas, la frénésie alimentaire post-compétition peut être brutale. »
Kévin Blanc n’a pas l’intention d’abandonner la musculation, devenue pour lui une « drogue positive » indispensable.
C’est aussi devenu sa vitrine professionnelle, car il est maintenant manager au Fitness Park de Laval et coach personnel spécialisé dans le rééquilibrage alimentaire.
Ses conseils pour perdre du poids sainement
« Il faut progresser pas à pas, sans être trop pressé ni trop sévère avec soi-même, car on n’est jamais entièrement satisfait de son corps. Évitez les repas qui ne vous font pas plaisir, comme uniquement
