Le réacteur atomique le plus puissant de l’Hexagone a subi une nouvelle interruption. Le jeudi 16 juillet 2026, à 16 heures précises, les équipes de l’unité n°3 de la centrale de Flamanville, située dans le département de la Manche, ont procédé à l’arrêt de l’EPR afin d’effectuer des « vérifications additionnelles », dans le cadre du suivi préventif des paramètres opératoires. Cette information, initialement dévoilée par Ouest-France, a été confirmée par EDF à l’AFP le vendredi 17 juillet.
Selon le portail Internet de l’entreprise, la relance du réacteur est planifiée pour le 26 juillet à 23 heures, impliquant une interruption d’au moins dix jours. Toutefois, cette échéance pourrait être prolongée : les précédents arrêts inopinés du réacteur ont systématiquement duré plus longtemps que les prévisions initiales.
Les vérifications concernent deux des quatre groupes de motopompes primaires, localisés au sein du bâtiment du réacteur. Ces dispositifs assurent la circulation de l’eau dans le circuit primaire, précise EDF. Selon le diagnostic, « une intervention pourrait être menée sur ces équipements », a indiqué l’entreprise, une formulation qui laisse planer une incertitude sur le respect du calendrier annoncé.
Un réacteur en proie à de fréquentes interruptions depuis sa mise en fonction
Flamanville 3 n’est pas à son premier incident. Connecté au réseau en décembre 2024 avec douze ans de retard sur le calendrier initial, le réacteur a atteint sa pleine puissance, soit 100 %, le 14 décembre 2025 seulement, alors qu’EDF espérait atteindre ce seuil dès l’été précédent.
À peine trois mois après sa mise en service, en mars 2025, l’EPR avait déjà été arrêté en raison de problèmes techniques touchant la turbine, élément central de la centrale. En juin 2025, une fuite sur des soupapes avait entraîné un nouvel arrêt, cette fois d’une durée de quatre mois.
Le dernier arrêt notable avant celui du 16 juillet remonte au passage de la tempête Goretti, début 2026, lorsque des vents dépassant 200 km/h par endroits avaient balayé la Manche. Des embruns chargés de sel marin avaient endommagé les équipements électriques de la centrale, expliquait EDF le 19 janvier 2026.
Ces dégâts avaient provoqué l’interruption prolongée de deux réacteurs, dont l’EPR, le troisième étant déjà en maintenance programmée. Le réacteur était resté à l’arrêt pendant tout un mois, du 9 janvier au 9 février 2026, avant qu’une porte-parole d’EDF n’annonce la reprise du programme d’essai à pleine puissance.
Une inspection complète de 350 jours prévue pour septembre
Si le réacteur est relancé le 26 juillet, une échéance plus lourde se dessine déjà : une « inspection complète » du site est prévue à partir du 26 septembre 2026. Elle nécessitera l’arrêt total du réacteur pendant 350 jours, soit presque une année entière.
Durant cette période, de nombreux contrôles seront effectués, le combustible sera renouvelé et le couvercle de la cuve, affecté par des anomalies connues de longue date, sera remplacé à la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR). EDF avait annoncé cette opération dès l’automne dernier.
Cette inspection revêt un caractère réglementaire : elle doit être effectuée 30 mois après le premier chargement du réacteur. « C’est le cas pour Flamanville 3 comme pour l’ensemble des réacteurs du parc nucléaire dans son histoire », avait rappelé Sébastien Miossec, directeur délégué à la production d’EDF, lors d’un point presse en novembre 2025.
Érigé face à la Manche aux côtés de deux autres réacteurs, l’EPR de Flamanville est destiné à alimenter deux millions de foyers. Premier réacteur à démarrer en France depuis 25 ans, son chantier aura coûté bien plus cher que prévu : le devis initial s’élevait à 3,3 milliards d’euros, contre environ 23,7 milliards d’euros désormais estimés par la Cour des comptes, aux conditions de 2023, soit près de huit fois le montant de départ.
Points clés à retenir :
- Le réacteur EPR de Flamanville a subi une nouvelle interruption pour des vérifications additionnelles.
- Le redémarrage est prévu pour le 26 juillet, mais des incertitudes demeurent quant au respect de cette date.
- Le réacteur a connu plusieurs interruptions depuis son raccordement au réseau en 2024.
- Une inspection complète du site est planifiée pour septembre 2026, impliquant un arrêt de 350 jours.
- Le coût du projet EPR a largement dépassé les estimations initiales, atteignant 23,7 milliards d’euros.
