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Chez Renault, le robot Calvin commence sa carrière en portant des pneus

Chez Renault, le robot Calvin commence sa carrière en portant des pneus

Dans l’enceinte de l’usine Renault à Douai, un acteur inattendu vole la vedette : Calvin. Bien qu’il ne possède ni visage ni talent pour l’humour, et qu’il soit peu probable qu’il remporte un concours de danse, ce robot fascine. Sa tâche est simple : extraire deux pneus d’une charrette, les presser contre lui, faire marche arrière avec précaution, puis les déposer sur un tapis roulant distant d’environ un mètre cinquante. Ce processus se répète inlassablement. Quatre pneus à la minute, pendant de longues heures.

Calvin n’est pas une attraction

À proximité, un technicien observe minutieusement chacun de ses mouvements. Ce n’est pas que Calvin risque de développer une conscience propre, mais le sol de l’atelier présente des irrégularités, et il est crucial de vérifier qu’il maintient sa stabilité, comme le souligne Les Échos.

Le robot, fruit des innovations de Wandercraft, est une première au sein de l’équipe de nuit chez Renault. Jusqu’à présent, les tâches qu’il exécute étaient réservées aux mains humaines. Avec chaque pneu pesant près de 25 kilogrammes, c’est un travail monotone dont peu regretteront la disparition.

Renault met un point d’honneur à souligner cet aspect. Selon le constructeur, Calvin vise à atténuer la pénibilité du travail plutôt qu’à remplacer les employés. Comme l’affirme Thierry Charvet, directeur industriel, "Aucun robot ne remplace les humains sur la chaîne d’assemblage finale." Les robots humanoïdes ont encore un long chemin à parcourir avant de rivaliser avec la dextérité humaine pour des tâches complexes et rapides.

Derrière Calvin se profile Wandercraft, une entité française initialement reconnue pour ses exosquelettes redonnant la marche à des personnes paralysées. Cette expertise en équilibre et locomotion a servi de socle pour son robot industriel. Renault a rapidement perçu le potentiel de cette technologie, investissant dans la société lors d’une levée de fonds de 75 millions d’euros l’année passée. Depuis, leur partenariat s’est intensifié. Le constructeur ambitionne d’implanter jusqu’à 350 robots dans ses installations françaises et espagnoles d’ici 2027.

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Le transport de pneus n’est que le commencement. Les équipes explorent déjà d’autres applications : déplacer des caisses, transporter des pièces détachées, ou même participer à certaines vérifications de qualité. Renault envisage une dizaine de catégories de tâches à automatiser. Cependant, l’ambition dépasse les seules usines automobiles. Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, anticipe que le marché des robots humanoïdes industriels pourrait véritablement décoller entre 2028 et 2030. À terme, il imagine des dizaines de milliers de robots produits chaque année. Et pourquoi pas dans des usines Renault ?

Points Clés à Retenir :

  • Calvin, un robot, opère dans l’usine Renault de Douai, améliorant les conditions de travail en réduisant la pénibilité.
  • Renault ne considère pas les robots comme des remplaçants pour les humains, mais comme des aides pour diminuer les tâches ardues.
  • Le partenariat avec Wandercraft permet à Renault d’intégrer des robots dans ses processus de production, avec une ambition d’extension d’ici 2027.
  • Le marché des robots industriels humanoïdes est en pleine expansion, avec des perspectives de croissance significatives entre 2028 et 2030.