Chaque période estivale, une idée reçue persiste parmi les voisins et sur les plateformes de bricolage : éteindre la climatisation le matin avant de quitter son domicile, puis la rallumer le soir à son retour, serait plus onéreux que de la laisser fonctionner sans arrêt. Cette croyance est infondée dans la plupart des situations, selon l’avis de Selectra.
À première vue, le raisonnement semble logique. Relancer un climatiseur après que la pièce se soit réchauffée semblerait requérir un tel effort de refroidissement que cela ne vaudrait pas la peine. Cependant, cette analyse néglige deux aspects techniques essentiels.
Le fonctionnement réel d’un climatiseur
Un climatiseur consomme le plus d’énergie lorsque la température doit être abaissée jusqu’au niveau souhaité. C’est la phase la plus énergivore de son cycle. Une fois ce seuil atteint, la technologie inverter, qui équipe la plupart des modèles actuels, réduit considérablement la puissance du compresseur pour simplement maintenir un niveau de confort, consommant ainsi beaucoup moins d’énergie.
Cette modulation change la donne. Les anciens systèmes, fonctionnant en mode tout ou rien, redémarraient à pleine puissance à chaque cycle, donnant l’impression d’un fort pic de consommation à chaque démarrage. C’est en partie l’origine de ce mythe. Un logement bien isolé, avec volets et rideaux fermés durant la journée, conserve par ailleurs sa fraîcheur pendant plusieurs heures sans apport supplémentaire, ce qui limite l’effort requis par l’appareil lors de sa remise en marche.
Concrètement, laisser un climatiseur maintenir 24 °C dans un domicile vide tout au long de la journée revient à débourser de l’argent pour refroidir des pièces inoccupées. En cas d’absence prolongée, éteindre l’appareil consomme moins que de le laisser fonctionner en continu, même avec un bon modèle inverter : le léger surplus d’énergie nécessaire à la relance ne compense jamais les heures de fonctionnement à vide.
La solution la plus simple consiste à programmer le redémarrage trente à soixante minutes avant le retour, via la minuterie ou l’application de l’appareil, pour retrouver un espace frais sans avoir climatisé le vide durant toute la journée. Pour une absence très courte, d’environ vingt minutes, dans un logement bien isolé, la différence entre éteindre ou laisser allumé devient négligeable : il est alors inutile de couper l’appareil.
Le principal levier d’économie n’est pas tant le choix d’allumer ou d’éteindre que le réglage de la température. Viser 26 °C plutôt que 23 °C peut réduire par trois les besoins en refroidissement, un écart bien plus significatif que la question de la coupure.
Au-delà d’un écart de 5 à 7 °C avec l’extérieur, l’excès de fraîcheur n’apporte guère de confort supplémentaire et alourdit considérablement la facture. L’ADEME recommande ainsi un écart maximal d’environ 5 °C : pour 30 °C dehors, viser 24 à 25 °C ; pour 35 °C, préférer 28 à 30 °C.
D’autres réglages influencent également la consommation :
- le mode nuit, qui ajuste doucement la consigne et réduit la ventilation durant le sommeil,
- le mode déshumidification lorsque l’air est lourd, qui assainit l’air sans faire autant chuter la température,
- et la fermeture des volets aux heures chaudes pour préserver l’inertie thermique du logement.
Une utilisation excessive n’est pas sans conséquence pour la santé. Selon une fiche des autorités sanitaires disponible sur sante.gouv.fr, un écart trop important entre la température intérieure et extérieure oblige le corps à s’adapter constamment, ce qui génère de l’inconfort et sollicite davantage l’organisme, notamment chez les jeunes enfants, les personnes âgées et celles souffrant de certaines pathologies.
L’air climatisé, souvent plus sec que l’air ambiant, peut également provoquer une sensation de sécheresse au niveau des yeux, du nez ou de la gorge si le réglage est trop bas. L’Institut national de santé publique du Québec associe par ailleurs la surclimatisation à une augmentation des maux de tête et des symptômes allergiques tels que la rhinite.
Points clés à retenir :
- Éteindre la climatisation en cas d’absence prolongée est généralement plus économique.
- La technologie inverter permet une modulation de la puissance, réduisant ainsi la consommation.
- Un bon réglage de température est crucial pour des économies d’énergie : viser 26 °C plutôt que 23 °C.
- Une différence de température modérée entre l’intérieur et l’extérieur est recommandée pour éviter l’inconfort.
- Des ajustements tels que le mode nuit ou la fermeture des volets peuvent aussi contribuer à réduire la consommation.
