Revers majeur pour l’énorme centrale solaire d’Ivanpah, une des plus vastes infrastructures de ce type sur la planète, nichée dans le désert du Mojave (entre la Californie et le Nevada). Mise en activité en 2014, elle se voit contrainte de cesser ses opérations d’ici 2026.
Une centrale solaire thermodynamique de 2,2 milliards de dollars
La centrale d’Ivanpah a été inaugurée avec faste dans le désert du Mojave en 2014. Conçue pour être parmi les plus imposantes installations de son espèce au monde, elle repose sur 173 500 miroirs, appelés héliostats, qui suivent la course du soleil et concentrent la chaleur sur des tours atteignant 140 mètres de hauteur. Cette chaleur transforme l’eau en vapeur, activant ainsi des turbines pour générer de l’électricité.
L’installation dispose d’une capacité annuelle d’un peu plus de 390 mégawatts, soit l’équivalent de la consommation électrique de 140 000 foyers. Avec de telles promesses, NRG Energy et BrightSource Energy, les opérateurs, avaient réussi à obtenir 1,6 milliard de dollars de garanties fédérales pour ce projet. Cependant, en 2026, après à peine 11 ans de fonctionnement, la centrale solaire devra fermer ses portes.
La cause ? Une rentabilité déficiente. En vérité, la centrale n’a jamais véritablement atteint ses objectifs. Son exploitation exige un alignement parfait des miroirs, ce qui requiert une logistique complexe et coûteuse, ainsi qu’un recours au gaz naturel pour produire de l’électricité en cas de nuages ou de conditions météorologiques défavorables.
L’ascension du photovoltaïque
Lorsque les contrats d’Ivanpah ont été signés en 2009, les panneaux photovoltaïques étaient encore onéreux et peu efficaces. Mais grâce aux avancées technologiques, leurs coûts ont chuté en une décennie, surtout pour ceux fabriqués en Chine. Les nouvelles installations photovoltaïques produisent de l’énergie à moindre coût, avec un entretien réduit, sans dépendance au gaz. En fin de compte, la centrale solaire d’Ivanpah est devenue désuète avant même d’avoir été rentable.
Les grandes entreprises électriques réévaluent leurs engagements contractuels. Pacific Gas & Electric, l’un des principaux acquéreurs de l’électricité produite par Ivanpah, a obtenu la résiliation de son contrat en 2025, au lieu de 2039 comme initialement prévu, tout comme Southern California Edison, rapporte Ecoticias.
Un projet désastreux pour l’environnement
Ivanpah ne se contente pas d’être coûteuse. Son implantation, bien que dans le désert, perturbe tout un écosystème. Le projet a rasé plus de 1 400 hectares, détruisant l’habitat de la tortue du désert, une espèce protégée. Les oiseaux paient un lourd tribut.
Les faisceaux lumineux générés par les miroirs créent des zones de chaleur qui dépassent parfois les 500°C. En traversant ces rayons, des milliers d’oiseaux sont incinérés en plein vol. En conclusion, la centrale solaire d’Ivanpah, autrefois symbole de l’innovation, se prépare à fermer ses portes après une décennie de déceptions et de désastres écologiques.
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Points clés à retenir
- La centrale solaire d’Ivanpah fermera d’ici 2026 en raison d’une rentabilité insuffisante.
- Malgré un coût de 2,2 milliards de dollars, elle n’a jamais atteint ses objectifs de production.
- L’essor des panneaux photovoltaïques a rendu la centrale obsolète.
- Le projet a eu un impact écologique négatif, perturbant l’écosystème du désert et causant la mort de nombreuses espèces animales.
