De Ellen Ripley à Grace Augustine en passant par Dana Barrett, Sigourney Weaver est à la culture geek ce que Dark Vador est à Star Wars : une icône incontournable. Près d’un demi-siècle après avoir contribué à transformer les rôles féminins dans le cinéma de genre, l’actrice rejoint également la galaxie lointaine. Elle incarne dans The Mandalorian and Grogu la colonelle Ward, une pilote de X-Wing qui, après avoir participé à la Rébellion, continue de traquer les fidèles de l’Empire. Entrevue.
Journal du geek : Qu’est-ce que cela fait de rejoindre un univers comme celui de Star Wars ?
Sigourney Weaver : Cela a été une merveilleuse surprise pour moi de me retrouver dans l’univers Star Wars. J’ai vu le premier film il y a plusieurs décennies. À cette époque-là, je travaillais à Broadway dans un petit théâtre, je n’étais pas rémunérée, mais je faisais des choses amusantes. Je me souviens avoir regardé Harrison Ford et Carrie Fisher et m’être dit : “Eh bien, il est possible de décrocher un rôle dans un film”. J’ai toujours trouvé Star Wars très divertissant. J’aime voir toutes les différentes créatures et l’univers qui les accompagne. Ils sont organisés en sortes de villages, fréquentent les mêmes bars. Il y a des antagonistes, vous savez, qui œuvrent pour l’Empire, mais la plupart des autres sont ordinaires et aspirent à la paix. Je pense que c’est une vision réconfortante de l’espace.
© Lucasfilm
JDG : Votre personnage, la colonelle Ward, symbolise cette idée d’une lutte perpétuelle contre la tyrannie. Comment abordez-vous ce concept ?
Eh bien, vous savez, j’ai l’impression que c’était très pertinent. C’était il y a un an et à cette époque, la Russie envahissait l’Ukraine. On observe beaucoup ce genre de situation dans le monde, donc un Empire maléfique ne me semblait pas irréel. Même dans notre propre pays, on a l’impression que les forces lumineuses et obscures continuent de se combattre.
JDG : Au cours de votre carrière, vous avez eu l’occasion de suivre l’évolution technologique du cinéma. Vous avez travaillé avec des animatroniques, des effets spéciaux et des effets numériques. Vous avez eu l’occasion d’expérimenter le Stagecraft pour ce projet. Est-ce que cela modifie votre manière de jouer ?
En fin de compte, j’ai fait relativement peu de choses qui donnent l’impression d’être vraiment technologiques. J’ai eu très peu de projets où j’ai dû prétendre voir un monstre en CGI, j’ai réalisé peu de choses aussi ardues et j’en suis reconnaissante, car c’est bien plus aisé de jouer avec quelque chose de tangible. Pour moi, Grogu est très tangible.
JDG : Oui, j’allais le dire, c’est un chef-d’œuvre d’artisanat !
Il y a cinq marionnettistes qui l’aident à se mouvoir. Quand je travaillais avec Grogu, ils étaient tous sous la table et le faisaient vivre. Je ne l’ai jamais perçu comme un produit technologique, mais comme un personnage de notre histoire. Pour moi, c’était un véritable cadeau. Je me sens extrêmement chanceuse. J’étais toujours très enthousiaste quand il arrivait sur le plateau.
JDG : Ellen Ripley a contribué à redéfinir les rôles féminins au cinéma et en particulier dans la science-fiction. Avez-vous l’impression d’entrer dans un paysage qui a profondément changé maintenant que
