Dans le cadre du National 3, Maxime Cayssials a célébré ses 24 ans samedi soir, et les joueurs de Canet lui ont offert le plus beau des présents : un triomphe face à Castanet. Ce jeune homme n’est autre que l’analyste vidéo du club.
Avec dextérité, il manipule des logiciels sophistiqués, faisant apparaître des graphiques, des pourcentages, des statistiques… sur son ordinateur portable. Grâce à Maxime Cayssials, la saison de Canet n’a plus aucun mystère. Possession (53 % pour Canet à la fin des matchs aller), occupation (48 %), circuits privilégiés, parades du gardien (81 % sur les tirs cadrés)… Aucun détail n’échappe au seul analyste vidéo de la division. « J’en ai rencontré un ou deux autres cette saison, mais ils sont étudiants poursuivant leur Diplôme Universitaire ». À l’instar de Maxime en septembre 2023, lorsqu’il a intégré l’Olympique de Marseille, la section féminine alors en Division 2 et les U19 Nationaux, grâce à David Dassonville, son ancien coach en U15 à Canet, membre du staff marseillais et passionné de données. « J’étais un défenseur central assez moyen. Je n’avais aucune chance de réussir dans le football, alors je me suis rapidement tourné vers l’analyse vidéo ».
Une expérience à l’OM
Après un Bac ES, il s’oriente vers trois années en STAPS à Montpellier, où l’un de ses enseignants, Olivier Cavailles (également analyste pour la Côte d’Ivoire), lui transmet la passion de cette spécialité. « J’avais trouvé ma vocation », sourit le Toulougien, qui effectue un premier stage avec les U17 Nationaux de Castelnau-le-Lez. Avant de collaborer brièvement avec le Mouloudia d’Alger. « Mais pour valider ma formation, je devais rejoindre un club professionnel ». Des candidatures sont envoyées à Montpellier, Nice et Marseille, et c’est finalement ce dernier club qui l’accueille pour une saison comme stagiaire. « Je travaillais de 7h à 20h, 7 jours sur 7. J’analysais tout sur les équipes et les joueuses du groupe ». Par coïncidence ou résultat, les filles de l’OM monteront en Division 1…
Souvent, l’analyste vidéo est perçu comme un geek, enfermé dans son bureau, alors Max a décidé d’élargir ses compétences en obtenant le Brevet Moniteur Football (BMF) et diverses formations en préparation physique. « Pour gagner en crédibilité auprès des joueurs, il me manquait cette dimension pédagogique, afin de pouvoir transposer sur le terrain mes perceptions des vidéos ». À Canet, Christian Mattiello et Mathieu Puig l’encouragent à prendre de l’envergure. « J’ai beaucoup de chance car ils me donnent une grande liberté ».
D’ailleurs, cette saison, il participe à toutes les séances d’entraînement et dirige les échauffements d’avant-match. Ensuite, il s’installe dans les tribunes, ordinateur en main. « À la mi-temps, je descends, m’isole avec les entraîneurs quelques minutes pour analyser les données de la première période, ce qui leur permet d’ajuster leurs discours et éventuellement les stratégies tactiques », explique-t-il, ayant visionné en général trois matchs de l’adversaire pour fournir un rapport complet et un montage d’environ dix minutes. « Cela représente une dizaine d’heures de séquençage, de codage. Le travail de l’ombre, plaisante-t-il, dont le frère jumeau Thomas étudie la nutrition en Belgique. La seule limite de l’analyse, c’est le temps, vous savez ».
Un succès pour son anniversaire
Son tout premier match ? Toulouse FC-Canet en septembre 2024. « Mathieu m’avait donné les trois matchs le jeudi. J’avais travaillé toute la nuit pour lui livrer le lendemain. Et nous avions gagné 1-0. Le Graal pour un analyste, c’est de proposer des clés aux entraîneurs qui mènent à une victoire. Bien sûr, cela assoit ta légitimité. Après Rodez, par exemple (en 64e de finale de Coupe de France), les gars sont venus me dire qu’ils savaient quoi faire chaque fois qu’un adversaire touchait le ballon. C’est gratifiant de sentir les joueurs impliqués dans ce que tu leur dis ».
L’été dernier, alors qu’aucune perspective précise ne se dessinait à Canet, l’ancien éducateur des U13 et U15 féminines du RFCT jusqu’à l’an dernier, avait envoyé une vingtaine de CV à des clubs canadiens. « Je devais même partir après Noël à Lévis-Est, un club de Division 2. Mais des restructurations internes ont fait échouer le projet. Mais je ne regrette pas d’être resté, car nous avons vécu une formidable épopée en Coupe de France et je me sens très bien dans ce groupe ». À 24 ans, celui qui avoue « respirer, manger et dormir football », rêve désormais de vivre de sa passion. « Je suis jeune, mobile, je suis prêt pour l’aventure ». Mais avant cela, pourquoi ne pas participer à une montée en National 2 ? Cela commence par un succès face à Castanet ce soir. Un beau cadeau pour son anniversaire ce soir (19h) ? Une équipe dont, vous l’imaginez, il connaît chaque recoin. Et la faune et la flore.
Points clés à retenir :
– Maxime Cayssials, analyste vidéo du Canet, a fêté ses 24 ans avec une victoire de son équipe.
– Passionné par l’analyse vidéo, il a commencé sa carrière malgré une modeste carrière de footballeur.
– Son parcours inclut une expérience enrichissante
