Cette année, Pokémon célèbre son trentième anniversaire, après que les premiers jeux aient conquis les Game Boy en 1996.
Ce dimanche 1er février, le MIN arborait une allure de dessin animé, grâce aux nombreux cosplayeurs (personnes costumées) et aux figurines de nos héros iconiques préférés, exposées sur tous les étals. La Broc’land Geek, quatrième de son nom, orchestrée par Tandem Events, a une nouvelle fois connu un succès retentissant cette année. Sur plus de 1 000 m², des exposants professionnels et amateurs, venus de toute la région, ont présenté leurs univers miniatures à la vente. À la mi-journée, les organisateurs comptaient déjà plus de 850 entrées, des chiffres semblables à ceux de l’année précédente, où 1 500 visiteurs avaient arpenté les lieux durant toute la journée.
L’atmosphère était joyeuse. Une fragrance de barbe à papa en fond, des éclats de rire ici et là, le crépitement d’une console rétro tournant en boucle dans un coin : plus d’une quarantaine de stands formaient le salon, renouvelés d’un quart par rapport aux éditions précédentes.
La Broc’land Geek offre aussi aux familles l’occasion de revêtir des costumes. Du côté du public, les échanges allaient bon train entre passionnés : un collectionneur de dagues féériques montrait sa mallette à un autre avec la minutie d’un joaillier ; un enfant écarquillait ses yeux devant une console Atari 2600 exhibée comme une relique ; une maman s’improvisait maquilleuse pour les cosplayeurs de passage. On échangeait, on s’interrogeait, on se dévoilait. C’était une foire, dans son sens le plus humain.
Pour petits et grands
"Aujourd’hui, de plus en plus de salons geek ou de pop culture émergent, il n’est pas aisé de se démarquer, mais, à Cavaillon, nous avons notre public. Il faudra rester vigilant l’année prochaine et veiller à attirer encore des exposants de qualité", confiait Laurent Girault, l’un des organisateurs, au cours de la journée.
Sur les étals, il y avait de tout, ou presque : consoles vintage, jeux vidéo, figurines, comics, Lego, cosplays, bijoux féeriques. Également des peluches, de l’art floral, des produits dérivés de séries télévisées ou des objets collectors introuvables ailleurs. Une brocante aux multiples nuances, où chaque stand raconte une histoire différente. "Il manque un peu de jeux de société, mais sinon c’est complet. Nous avons trouvé des mangas pour ma fille, des numéros qu’elle n’avait pas, c’est parfait", s’enthousiasmait cette famille de Miramas.
Le gaming rétro
Mais le grand gagnant de la journée, ce dimanche, c’était les cartes. Le phénomène des jeux de cartes à collectionner (notamment Pokémon, mais aussi Dragon Ball Z, Yu-Gi-Oh, Magic, Lorcana…) a profondément changé le visage de ces salons thématiques. Au MIN, un stand sur deux proposait des cartes à la vente !
"Il y a de moins en moins de vendeurs de figurines ou de retrogaming. Ils sont remplacés par des marchands de cartes. C’est un véritable marché aujourd’hui", soulignait Andréas, de Super Retro World, après avoir vendu une carte Dracaufeu (un personnage Pokémon) pour 700 €. "Les cartes, c’est un véritable phénomène, surtout autour de Pokémon. Les exposants s’y retrouvent mieux en termes de chiffre d’affaires", ajoutait Laurent Girault.
Parmi les clients, certains ne sont plus de simples passionnés. Ils sont désormais de véritables investisseurs qui achètent, spéculent et revendent avec une méthodologie n’ayant rien à envier à la bourse. "Je m’y suis mis il y a un an, et maintenant je cherche tous les jours la bonne affaire. C’est très prenant. Je reste un passionné, mais j’en fais aussi un investissement sur le long terme. Ça va encore prendre de la valeur, je n’en doute pas", affirmait Mathiew, venu d’Orange pour vendre une partie de sa collection aux exposants.
Certaines cartes Pokémon se sont vendues à plus de 5 millions d’euros. "Et cette tendance est loin de s’éteindre. Récemment, des cartes Star Wars ou Lorcana sont sorties et on annonce prochainement Naruto. Il y a un fort engouement, mais cela reste de la spéculation. Une carte Pokémon s’est déjà vendue 5,2 millions d’euros, et certaines cartes One Piece sont passées, en moins de deux mois, de 1 000 à 9 000 € à la vente. Derrière cet intérêt financier, c’est à nous, professionnels, de sensibiliser sur les risques", concluait Bruno, de Geekland.
Points clés à retenir :
- Pokémon fête ses 30 ans depuis son apparition en 1996.
- La Broc’land Geek de Cavaillon attire toujours un large public.
- Les cartes à collectionner, notamment Pokémon, sont au cœur de l’intérêt des visiteurs.
- Les salons geek se multiplient, mais se démarquer reste un défi.
- Les cartes deviennent un investissement pour certains collectionneurs.
